Tout est parti de quelques bouts de bois. Il y a quatre ans, un jeune architecte construit pour sa femme et ses enfants une maison à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Des planches lui restent sur les bras. Qu’en faire ? Julien Beller, qui a travaillé avec les gens du voyage à Versailles quelques années plus tôt, contacte l’association d’aide à la scolarisation des enfants roms, Parada. C’est ainsi que l’architecte découvre le Hanul («caravansérail» en langue romani), immense bidonville planqué sous l’A86 à Saint-Denis. Les planches de bois superflues se transforment en salle commune ; un jardin partagé voit le jour. La fondation Abbé Pierre finance la construction de huit toilettes sèches. Quatre mois plus tard, le préfet ordonne l’expulsion du bidonville, sans qu’aucune solution de relogement ne soit envisagée. Les pelleteuses réduisent les cabanes en miettes, ajoutant la précarité à la pauvreté. Tout est à refaire.
Tag - Seine-Saint-Denis
mardi 11 octobre 2011
A Saint-Denis, un projet innovant pour en finir avec les bidonvilles
Par Marie Barbier le mardi 11 octobre 2011, 08:30 - Roms migrants
lundi 10 octobre 2011
Les mineurs isolés étrangers bientôt mieux accueillis ?
Par Marie Barbier le lundi 10 octobre 2011, 08:30 - Enfants et jeunes majeurs
Cela pourrait être une victoire pour le président socialiste du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone. Jeudi, la Chancellerie a annoncé la mise en place d’un accueil plus équitable entre les départements des mineurs isolés étrangers (MIE). Ces enfants, arrivés seuls sur le territoire, se concentrent essentiellement à Paris qui en accueille actuellement 1 700 pour un budget de 70 millions d’euros et dans le 93, où 950 sont pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (à la charge des départements depuis 2007).
vendredi 30 septembre 2011
Mineurs isolés étrangers : rien n'est réglé
Par Marie Barbier le vendredi 30 septembre 2011, 08:30 - Enfants et jeunes majeurs
Le bras de
fer entre le conseil général de Seine-Saint-Denis et l’État sur la prise en
charge des mineurs isolés étrangers (lire ici)
continue. Résultat : des mineurs sont contraints de dormir à la rue,
dénonce le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre
Rosenzweig.
Que se passe t-il pour les mineurs étrangers du 93 ?
J-P. R. Nous avons une vingtaine de jeunes à la rue, qui tournent autour du tribunal. On ne sait pas quoi faire, à part la démarche humanitaire de leur donner à manger et à boire. De temps en temps, quelques places se libèrent, mais au compte goutte. Il y a urgence humanitaire. Et des procédures judiciaires d’assistance éducative en cours. Hier (mercredi, NDLR), j’ai été amené à prendre symboliquement une décision : j’ai confié des jeunes à la protection judiciaire de la jeunesse. Mon argument est que le Conseil général devrait les prendre en charge, mais la PJJ a une intervention subsidiaire : quand le premier de cordée ne peut pas, c’est le deuxième qui prend le relais… Mais bien entendu, aucune de mes décisions n’a été exécutée.
jeudi 29 septembre 2011
« Les gens hurlaient et tapaient sur la tôle »
Par Marie Barbier le jeudi 29 septembre 2011, 08:30 - Tunisiens de Lampedusa
Ils avaient rejoint la France dans l’espoir d’une vie meilleure, six migrants, probablement tunisiens et égyptiens, sont morts hier à Pantin (Seine-Saint-Denis), brûlés dans l’incendie d’un immeuble insalubre.
Le feu a pris peu avant six heures du matin dans cette petite maison d’un étage, au milieu d’une impasse du quartier Hoche. « J’ai entendu des gens hurler et taper sur de la tôle, j’ai d’abord cru à une bagarre, raconte Farouck Ferchuchi, quinquagénaire voisin et lui-même Tunisien. Je suis sorti, il y avait des flammes de dix mètres de haut. »
mercredi 14 septembre 2011
Enfants étrangers, le cri de colère du 93
Par Marie Barbier le mercredi 14 septembre 2011, 08:30 - Enfants et jeunes majeurs
« Qu’est ce que vous croyez ? Que les jeunes qui ont fui la faim ou la guerre rêvent de venir en Seine-Saint-Denis ? Non ! Ils se placent sous la protection de la France. » Claude Bartolone ne décolère pas et somme l’État de prendre ses responsabilités. Comme il l’avait menacé dans un courrier au garde des Sceaux en juillet dernier, le président socialiste du conseil général de Seine-Saint-Denis refuse, depuis le 1er septembre, d’accueillir les mineurs isolés étrangers (MIE) qui lui seraient confiés par la justice ou qui se présenteraient à ses services.
vendredi 2 septembre 2011
Le T1 se transforme en tramway de la honte
Par Marie Barbier le vendredi 2 septembre 2011, 08:30 - Roms migrants
Le gouvernement a beau crier aux « amalgames odieux » et aux « allégations mensongères », l’image provoque consternation et émotion. Mercredi matin, environ 70 Roms, hommes, femmes et enfants, ont été transportés de Saint-Denis à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) à bord d’une rame de tramway spécialement affrétée pour eux. « L’image de ces gens débarqués d’un tramway, avec des ballots et des enfants sous le bras, était insupportable », déplore Gilles Garnier, maire adjoint (PCF) de Noisy-le-Sec et conseiller général, qui a assisté à la scène. Dans un département qui a abrité le camp de Drancy, d’où 67 000 juifs furent déportés vers les camps d’extermination, même si toute comparaison est impossible, c’est avant tout le symbole qui choque.
jeudi 1 septembre 2011
« Ces gens débarqués du tramway, avec des ballots et des enfants sous les bras, c’était insupportable »
Par Marie Barbier le jeudi 1 septembre 2011, 14:00 - Roms migrants
Mercredi matin, une
centaine de Roms expulsés d’un camp de Saint-Denis ont été convoyés jusqu’à la
gare RER de Noisy-le-Sec dans un tramway affrété spécialement pour eux. Cette
réquisition provoque de vives réactions syndicales et politiques. Gilles
Garnier, maire adjoint (PCF) à Noisy-le-Sec et conseiller général de
Seine-Saint-Denis a été témoin de la scène.
Pouvez-vous nous raconter ce que vous avez vu hier matin ?
Gilles Garnier. Aux alentours de 11 heures, j’ai vu, devant la gare de Noisy-le-Sec, un regroupement impressionnant de forces de police : six camionnettes de CRS, cinq véhicules légers et des policiers municipaux. Je me suis approché et ils m’ont dit qu’ils « attendaient les Roms ». Surpris par cette réponse, je suis resté et j’ai vu arriver une rame de tram, avec marqué « sans voyageurs » à l’avant et à l’arrière, qui s’est arrêtée au terminus. Ont été débarqué entre 60 et 80 Roms, des familles avec des enfants, parfois en bas âge, toutes avec des paquets. J’ai ensuite appris qu’un camp de Saint-Denis avait été évacué le jour même. Ils ont été mis dans la gare RER, toujours encadré par la police. Je n’ai rien pu faire, sinon protester, ce qui ne servait pas à grand-chose. Dès que je suis arrivé à mon bureau, j’ai envoyé une lettre au préfet pour savoir pourquoi la police avait réquisitionné une rame de tram ; au maire de Noisy-le-Sec pour lui demander pourquoi la police municipale avait participé à cette opération et à Pierre Mongin, secrétaire générale de la RATP, pour l’interpeller sur cette réquisition.
mardi 29 mars 2011
Le préfet du 93 bidouille la Loppsi
Par Marie Barbier le mardi 29 mars 2011, 16:34 - Roms migrants
Hier matin, 270 Roms ont été évacués du terrain qu’ils occupaient au Pont de Bondy, sur les communes de Bobigny et Noisy le Sec (Seine-Saint-Denis). Une énième expulsion ? Sauf que celle-ci pourrait créer un précédent inquiétant.
Le 16 mars, un arrêté d’expulsion est pris sans décision de justice. Suite à une plainte d'ERDF pour branchements illégaux sur le réseau électrique, la préfecture s'appuie sur l’article L2215-1 du code des collectivités territoriales qui lui permet de procéder à «toutes mesures relatives au maintien de la salubrité, de la sûreté et de la tranquillité publiques». Cet article a récemment été utilisé pour évacuer les raffineries occupées pendant le mouvement contre la réforme des retraites.
mercredi 23 février 2011
Tintamarre de Saint-Denis à Bobigny
Par Marie Barbier le mercredi 23 février 2011, 08:00
La coordination 93 de lutte pour les sans papiers organise aujourd'hui (1) un « tintamarre » pour que le préfet les entende enfin ! En septembre dernier, dix-huit associations publiaient un livre noir des conditions d’accueil et du traitement des dossiers à la préfecture de Seine-Saint-Denis et demandaient par deux fois à être reçues par le préfet. Elles n’ont reçu aucune réponse. Chaque nuit, entre 200 et 300 personnes en moyenne font le pied de grue sur le parvis pour tenter d’obtenir un rendez-vous avec les services préfectoraux. Femmes enceintes et personnes handicapées n’ont pas d’accès prioritaires. Ce « traitement inhumain » favorise les trafics en tous genres pour obtenir places ou tickets. Parmi les solutions proposées par les associations : un personnel plus nombreux et mieux formé, des locaux rénovés et le téléchargement de documents sur internet.
(1) Départ à 14 h à la mairie de Saint-Denis. Arrivée à 15 heures sur le parvis de la préfecture.
mardi 15 février 2011
Appel aux dons pour les Roms de Bobigny
Par Marie Barbier le mardi 15 février 2011, 15:00 - Roms migrants
Le 7 février, un incendie ravageait le campement rom de la rue de Stalingrad à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Dix jours plus tard, les familles, qui se sont réinstallées sur le terrain, restent dans une situation extrêmement précaire. Leur collectif de soutien lance donc un appel aux dons. Couvertures, matelas, vêtements chauds (bébés, enfants, adultes), mobilier (chaises, tables, lits) peuvent être déposés sur le terrain, au 277 rue de Stalingrad à Bobigny.
jeudi 21 octobre 2010
Les enfants roms restent à la porte de l’école
Par Marie Barbier le jeudi 21 octobre 2010, 08:30 - Roms migrants

A 10 ans, Stivan, rom bulgare de Bobigny (Seine-Saint-Denis) « aime beaucoup » son école. Quand, il sera grand, aussi incroyable que cela puisse paraître, il voudrait être policier ! Il l’a dit hier lors d’une conférence de presse au sénat, organisée par le Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation. Le constat dressé est catastrophique : sur les quelque 7000 enfants roms vivant en France, seuls 10% vont régulièrement à l’école. Restent donc de 5 à 6000 enfants qui sont peu, voire pas du tout, scolarisés, quand bien même il s’agit d’une obligation de l’état.
mardi 21 septembre 2010
« Se lever à 5h30 pour un bout de papier »
Par Marie Barbier le mardi 21 septembre 2010, 15:58 - Solidarité
Le jour est à peine levé, mais ils
sont déjà des centaines à attendre. Comme tous les matins. Mais hier, les
étrangers venus faire le pied de grue devant la préfecture de Bobigny, pour
tenter d’obtenir titre de séjour ou demande d’asile, ont bénéficié d’une
exceptionnelle distraction. Dès cinq heures, associations et élus s’étaient
donnés rendez-vous pour dénoncer cette situation « indigne » et
rendre public un « livre
noir » sur les conditions d’accueil et le traitement des dossiers dans
cette préfecture particulièrement saturée. Chaque jour, la direction des
étrangers accueille 1 500 usagers. En 2009, il y a eu à Bobigny 9 000 demandes
de naturalisation et 2 800 demandes d’asile.
mercredi 31 mars 2010
« Ils m'ont dit "Venez filmer chez nous, on habite dans des bidonvilles" »
Par Marie Barbier le mercredi 31 mars 2010, 09:00
Lire aussi :
Entre bidonvilles et brimades policières, la vie des Bulgares de la N3
En plein tournage de son prochain documentaire sur la Seine-Saint-Denis, le réalisateur Jean-Pierre Thorn a rencontré, par hasard, les Bulgares de la nationale 3. Il a décidé de filmer leurs "conditions de vie déplorables", pour témoigner.
Comment avez-vous rencontré ces Bulgares turcophones ?
Je tourne actuellement un film sur la Seine-Saint-Denis et la musique (1). J’ai filmé Marc Perrone qui raconte son enfance aux 4000 (cité de La Courneuve, NDLR), entouré de bidonvilles. On crache beaucoup sur le 9-3, mais on oublie que ces populations ouvrières vivaient dans des bidonvilles et que les grands ensembles, qu’on rejette aujourd’hui, ont été construits pour que ces gens aient un toit. Un jour, alors que je filmais le rockeur Daniel Baudon, dans un café le long de la nationale 3, plusieurs Bulgares m’ont interpellé : « Venez filmer chez nous, on habite dans des bidonvilles, c’est beaucoup plus grave que ce que vous racontez ». Ils m’ont rappelé ces beaux visages de paysans pendant la crise économique aux Etats-Unis, ces gens chassés sur les routes qui ne savaient plus où aller, qui avaient faim…
vendredi 23 octobre 2009
A Plus Net, les sans-papiers "plein de joie"
Par Marie Barbier le vendredi 23 octobre 2009, 08:08 - Travailleurs en lutte
361 jours de grève.
Vendredi dernier, lorsqu’ils sont convoqués à la préfecture, les grévistes sans
papiers de Plus Net affichent à leur compteur une longue et difficile année de
lutte. 361 jours et autant de nuits à occuper leur entreprise de nettoyage, à
Montreuil, (Seine-Saint-Denis) pour exiger de leur patron qu’il paye la taxe
indispensable à leur régularisation. Pourtant, ces vingt-cinq travailleurs
répondent aux critères définis par la circulaire ministérielle de janvier 2008
permettant la régularisation par le travail. Il a fallu un an d’une lutte
acharnée pour que ce droit leur soit enfin appliqué.
Vendredi dernier, donc, la préfecture leur
a remis un titre provisoire de séjour de trois mois, avec autorisation de
travailler, première étape avant la délivrance d’une carte de séjour.
«Maintenant, on va pouvoir enfin travailler dans la dignité et la sérénité», se
réjouit Arouna Traoré, le délégué des grévistes (lire son portrait ici).
vendredi 18 septembre 2009
Chama et son père « invités » à rentrer en Angola
Par Marie Barbier le vendredi 18 septembre 2009, 17:58 - Enfants et jeunes majeurs
Après sept ans de présence en France, un
enfant né et scolarisé à Saint-Denis et une mobilisation exceptionnelle pour le
sortir de rétention, Joao Abel Gabriel, convoqué en préfecture mercredi
dernier, s'attendait à voir enfin sa situation régularisée. Il n'en est rien.
Le préfet de Seine-Saint-Denis s'acharne contre ce père qui élève seul son fils
de cinq ans.
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