Laissez-passer

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lundi 20 septembre 2010

Migrants fantômes à Calais

Retour à Calais, un an après le démantèlement médiatique de la « jungle ».

le port de Calais, passage obligé pour l'Angleterre ©Marie Barbier

Dans les rues de Calais, les migrants ont disparu. Volatilisés. C’est à peine si l’on croise, parfois, deux ou trois Soudanais. Eric Besson aurait donc réussi. Le 22 septembre 2009, le ministre de l’Immigration détruisait la « jungle » de Calais, principal campement des Afghans à la périphérie de la ville. Il fallait, assurait alors le ministre de l’Immigration, « casser le principal outil de travail des filières clandestines dans la région ». Casser, détruire, démanteler… Ainsi, la politique de l’anéantissement serait gagnante.

Il ne reste rien de l'ancienne jungle de Calais, démantelée il y a un an et aujourd'hui un terrain vague ©Marie Barbier

Restes de l'ancien campement sur le terrain de la jungle démantelée ©Marie Barbier

La réalité est beaucoup plus sordide. Les migrants sont toujours là, mais réduits à l’invisibilité. Traqués par la police, ils sont des ombres qui se terrent dans des squats et des campements encore plus précaires.

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jeudi 29 avril 2010

Le Darfour, nouvelle terre d’expulsions

« C’est inédit et scandaleux !». Jacky Mamou, président d’Urgence Darfour ne décolère pas. Hier matin, en toute discrétion, la France a tenté d’expulser du territoire deux Soudanais, qui assurent être originaires du Darfour.

Issac Mahaoui et Robou Tombo avaient leur place réservées sur le vol de la Lufthansa : aller-simple pour Khartoum, via Francfort. C’était sans compter sur la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Saisie en urgence par l’association France terre d’asile, la juridiction internationale a suspendu la procédure d’expulsion. En attendant une décision sur le fond, les deux hommes ne peuvent être expulsés, ils devraient être libérés prochainement.

Arrêtés au début du mois à Calais, treize Soudanais, qui se disent majoritairement originaires du Darfour, sont retenus au centre de rétention administrative de Coquelles depuis vingt jours, dans l’attente de leur probable expulsion. Vendredi dernier, leur rétention a été prolongée de quinze jours par un juge des libertés. L’association France terre d’asile, chargée de l’aide juridique à l’intérieur du CRA, a d’ores et déjà prévenu : « Nous saisirons la CEDH à chaque fois qu’un avion sera prévu » lance Pierre Henry, son directeur général.

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vendredi 5 septembre 2008

À Calais, en attendant « le passage »

CALAIS025.jpg Tous les midis, les associations distribuent des centaines de repas.

REPORTAGE. Par temps clair, les hautes falaises de Douvres se laissent apercevoir depuis la plage de Calais. 35 kilomètres. Une distance dérisoire pour les milliers de voyageurs qui les traversent chaque jour, sous la Manche ou en ferry. Un gouffre pour les centaines de migrants bloqués sur le continent. La coordination française pour le droit d’asile (CFDA), qui présentait hier le résultat de trois mois d’enquête sur le sujet, évalue entre 1000 et 1500 le nombre d’exilés actuellement présents le long du littoral de la Manche et de la mer du Nord. Soit autant qu’avant la fermeture du camp de Sangatte, en novembre 2002. Ils sont environ 500 à Calais. Des hommes jeunes pour la plupart, quelques dizaines de femmes et d’enfants. La majorité vient d’Afghanistan, d’Iran et d’Irak. Sur la centaine venue d’Afrique, la corne du continent est surreprésentée : Érythrée, Éthiopie et Somalie.

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