Laissez-passer

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mardi 28 septembre 2010

Loi Besson : rigueur et acharnement

Trente heures : c’est le temps imparti aux députés qui devront, à compter de cet après-midi, examiner le projet de loi «Immigration, Intégration et Nationalité» (le cinquième sur le sujet en sept ans), défendu par le ministre Eric Besson. En 90 articles (sur lesquels ont été déposés environ 500 amendements), ce texte fourre-tout marque un nouveau tournant dans la répression contre les sans-papiers (interdiction du territoire, allongement de la durée de rétention), mais aussi contre les étrangers en situation régulière (expulsion des Roms facilitée) et les Français d’origine étrangère (déchéance de nationalité).

Avant même son passage devant les députés, la loi Besson a d’ailleurs suscité une vague de colère et d’opposition spectaculaire. Au début du mois, neuf militants ont ainsi pratiqué un jeûne de protestation de dix jours devant le palais Bourbon ; la semaine dernière, les évêques de France ont écrit au ministre pour lui dire « ce qui dans ce projet de loi, tel qu’il est, questionnait (leur) conscience ». Le collectif Unies contre une immigration jetable (UCIJ) en appelle de son côté à une prise de conscience des parlementaires sur une loi instaurant un « régime d’exception qui relègue les étrangers - en situations régulière comme irrégulière -, ainsi que les Français d’origine étrangère dans une situation d’infériorité en matière d’égalité des êtres humains ». D’ores et déjà, plusieurs rassemblements et journées d’action sont prévus (lire encadré). Dans une assemblée chauffée à blanc par le débat sur les retraites, les discussions sur la loi Besson promettent d’être électriques. Revue de détail des dispositions les plus critiquées du projet.

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vendredi 3 septembre 2010

Contre la « République défigurée »

Le « drapeau de l'égalité de l'épiderme » de l'association Droits devant

Une vague de colère. Qui ne cesse de croître. Lancé le 5 août dernier, l’appel « Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité » a dépassé hier la barre des 50 000 signataires. « Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile » lancent les signataires qui appellent à manifester demain partout en France. Signe d’une mobilisation qui promet d’être importante : au dernier comptage, quelque 140 villes organisent, aujourd’hui et demain, un rassemblement (liste des villes : www.contreimmigrationjetable.org). « Il y a aujourd’hui des citoyens, au delà même des appartenances politiques, associatives et syndicales, qui ne supportent pas que la France soit salie, que la République soit défigurée» confirmait hier, lors d’une conférence de presse, Jean-Pierre Dubois, le président de la Ligue des droits de l’homme et porte-parole, pour l’occasion, de la cinquantaine d’organisations appelant à ces manifestations.

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dimanche 29 novembre 2009

Des milliers de manifestants contre l'immigration jetable

Aux cris de «On reste ici, on vit ici, régularisation de tous les travailleurs sans papiers», 10 000 personnes (2700 selon la police) ont manifesté cette après-midi à Paris, entre le jardin du Luxembourg et le ministère de l'Immigration, à l'appel du collectif Unis contre une immigration jetable. Les travailleurs sans papiers, en grève depuis le 12 octobre, constituaient l'essentiel du cortège.


samedi 28 novembre 2009

Manifestation contre l’«immigration jetable»

Trop, c’est trop. Bébés en rétention, charter d’Afghans, débat sur l’identité nationale, haro sur les mariages gris... Contre la politique d’immigration actuelle, plus de soixante-dix organisations (syndicats, associations, partis politiques) réunis dans le collectif «Unis contre une immigration jetable» appellent à un rassemblement demain à Paris (1).

«La politique actuelle ne passe pas dans l’opinion publique, analyse Pierre Cordelier du Réseau éducation sans frontières. Il n’y a qu’à voir le nombre de gens qui se mobilisent pour empêcher les expulsions.»

Autre exemple de résistance: les travailleurs sans papiers, dont le mouvement de grèves et d’occupations, lancé le 12 octobre, prend chaque jour un peu plus d’ampleur. Déçus par la circulaire Besson sur la régularisation par le travail, les grévistes ont prévu de venir en nombre au rassemblement. «Même s’il y a quelques avancées, pour les intérimaires et les agents de sécurité, globalement, ce texte est négatif», explique Modibo Traoré, porte parole des 5500 travailleurs en lutte. Un mouvement qui se durcit : hier matin, la soixantaine de grévistes occupant l’Hôtel Majestic près de l’arc de triomphe ont empêcher in extremis leur évacuation par les forces de l’ordre.

«Les politiques d’immigration française et européenne désignent les étrangers comme une menace, dénoncent les organisations dans un appel commun. Elles orientent nos sociétés vers une xénophobie d’Etat». Dernier exemple en date : la lutte contre le mariage gris qui, sous prétexte de lutter contre les fraudes, s’en prend directement au mariage mixte. «Un clin d’oeil à ce qu’il y a de pire dans ce pays» résume Pierre Cordelier.

(1) 14h30 au métro Luxembourg