Laissez-passer

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jeudi 5 avril 2012

Accusé à tort, tabassé en prison... et expulsé ?

Retour à la case départ. Dans le cynique jeu de Monopoly de la politique migratoire française, Slaheddine Wertani apparaît comme le grand perdant. Aujourd’hui, il se retrouve dans la même situation qu’il y a quatre ans : menacé d’expulsion, après un passage par la case centre de rétention, prison, tabassage, coma, handicap et non lieu.

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vendredi 23 décembre 2011

Chouaïb, jeune autiste, libéré hier soir après 31 jours de rétention

Chouaïb Benhachiche
La nouvelle est tombée hier peu avant 19 heures. «Il est sorti ! Nous allons nous rejoindre pour faire la fête.» s’exclamait Samia Attali, de l’association Je vous tends la main. Hier soir donc, Chouaïb Benhachiche, jeune autiste de vingt et un ans, a été libéré du centre de rétention de Vincennes où il était enfermé depuis trente et un jours. Pour la plus grande joie de ses soutiens qui se sont démenés pour le sortir de cette situation « aberrante ».

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mardi 20 décembre 2011

Un jeune autiste en rétention depuis un mois

Chouaïb Benhachiche est un jeune homme de 20 ans. D’origine algérienne, il est suivi par l’Aide sociale à l’enfance depuis ses 16 ans et bénéficie d’un « contrat jeune majeur », qui lui permet d’être logé dans un foyer de jeune travailleur à Paris. Malgré ses troubles du comportement d’allures autistiques, Chouaïb a obtenu, en juin dernier, son CAP dans la restauration. Mais, alors que l’État lui assure sa protection d’un côté, de l’autre il lui refuse un titre de séjour. Shouaid est donc sans-papiers sous le coup d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.

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lundi 19 décembre 2011

Un mineur isolé enfermé en rétention

Boudjemaa Tair-Tahar, jeune tunisien qui a fêté ses 17 ans la semaine dernière, a été placé au centre de rétention de Vincennes hier dans l’attente de son expulsion. Un enfermement illégal puisque la France interdit les reconduites à la frontières de mineurs, sauf s’ils sont accompagnés de leurs parents « Il a vraiment une tête de bébé et il n’arrête pas de pleurer » témoigne une intervenante de l’Assfam, qui a pu le rencontrer. Placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur le vol d’un téléphone portable, Boudjemaa au lieu d’être libéré comme les autres, a été directement placé en rétention suite à des tests osseux qui l’ont déclaré majeur. Les tests de pilosité et de développement génital utilisé par l’administration pour déterminer la minorité ou la majorité sont très décriés, par la communauté scientifique elle-même. Leur marge d’erreur communément admise serait de 18 mois.

mercredi 6 octobre 2010

Dans le ventre de la machine à expulser

La Cimade publie aujourd’hui ses Chroniques de rétention, témoignage inédit de la réalité de l’enfermement des étrangers en France. Loin du discours officiel d’une France accueillante et généreuse, une trentaine d’intervenants racontent leur quotidien derrière les barbelés des centres de rétention. Outre les histoires ubuesques qu’ils rencontrent, ils livrent aussi leurs doutes, leurs angoisses, leurs colères. Des chroniques à la fois instructives, drôles, émouvantes et révoltantes qui dépeignent la réalité sordide des antichambres de l’expulsion. Alors que le projet de loi en discussion à l’Assemblée promet d’allonger la durée de rétention de 32 à 45 jours, ces témoignages démontrent l’inhumanité mais aussi l’absurdité de l’industrialisation de l’enfermement des étrangers. Morceaux choisis d'un livre d’utilité publique.

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lundi 12 avril 2010

A Bamako, le violent retour à la case départ de Siabou le gréviste

Siabou Diaberra, dans les rues de Bamako ©Marie Barbier

Autour du vendeur de cigarettes, des tabourets de fortune ont été posés sur la terre battue. Sous une chaleur étouffante, une dizaine de jeunes bamakois discutent autour d’une tasse de thé brûlant. Dans un pays où l’on n’ose même plus calculer le taux de chômage, les jeunes, forcés à l’inactivité, passent le temps comme ils peuvent. L’un d’entre eux ne parle pas beaucoup. Siabou Diaberra ne connait pas ce quartier de Bamako, ni ses habitants. Il est arrivé dix jours plus tôt, expulsé après huit longues années en France. Déposé comme un colis dans une ville où ne vit que sa « grande famille », des parents éloignés qui l’ont recueilli en attendant qu’il ait les moyens de rentrer dans son village, à plusieurs centaines de kilomètres.

Le verbe rare, Siabou Diabera n’est pas un revendicatif. Il ne crie pas au scandale. Mais énonce les faits. Gréviste sans papiers engagé dans le mouvement de lutte pour obtenir une circulaire de régularisation, il a été expulsé vers le Mali le 21 février dernier. Dans les locaux de l’Association malienne des expulsés (AME), en périphérie de Bamako, il montre une affiche des cercles des silences : le photographe Olivier Jobard y a pris sur le vif deux policiers embarquant de force, sur la passerelle d’un avion, un sans papiers, jambes scotchés, porté comme un paquet. « Ils m’ont fait ça ». Il baisse les yeux, regarde ses mains. Des cicatrices noires strient ses poignets, stigmates de ses menottes trop serrées.

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lundi 29 mars 2010

Derrière les barbelés du « camp Besson »

D'une capacité de 240 places, le centre de rétention du Mesnil-Amelot 2 doit entrer en fonction aujourd'hui. Visite guidée d’un complexe sécuritaire high-tech au service du ministère de l’Immigration.

Le Mesnil-Amelot 2

Chambres truffées de caméras, détecteurs de mouvements, portes automatisées, policiers retranchés derrière des interphones, double enceinte de barbelés... Bienvenue dans le plus grand camp d’enfermement des étrangers de France : le nouveau centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot qui doit entrer en fonction aujourd’hui.

A quelques mètres des pistes de l’aéroport international Roissy-Charles-de-Gaulle (Seine et Marne) et à un kilomètre du premier centre de rétention qui compte déjà 140 places, le « Mesnil-Amelot 2 », comme on l’appelle déjà, pourra «accueillir» jusque 240 sans papiers en attente d’une éventuelle expulsion. Le plus grand complexe jamais construit depuis le CRA de Vincennes, ravagé par un incendie en juin 2008 après le décès d’un Tunisien de 41 ans. Dénonçant une nouvelle étape dans l’« industrialisation de la rétention », les associations n’hésitent pas à qualifier ce nouveau centre de « camp d’internement pour étrangers ». Et redoutent les effets d’une violence institutionnalisée : automutilations, grèves de la faim et tentatives de suicides, dont ils seront les seuls témoins, puisque les journalistes y sont persona non grata.

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mercredi 17 février 2010

Arrestations parmi des militants à Paris

Au moins cinq personnes étaient toujours en garde à vue hier dans le cadre d'une enquête portant sur une quarantaine de dégradation de distributeurs automatiques de billets à Paris. En décembre, ces dégradations avaient été attribuées à des militants de «l’ultra gauche». Hier, le parquet de Paris confirmait que l'enquête avait été confiée à la section de lutte contre la criminalité organisée.

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jeudi 11 février 2010

« On veut réprimer pour l'exemple »

Un « simulacre » de justice, une « caricature », comparable au procès d'Outreau... Les avocats des incendiaires présumés du centre de rétention de Vincennes ont exprimé hier leur stupéfaction après les réquisitions du ministère public. Mardi, à la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, le procureur de la République, Gilbert Flam, a requis de la prison ferme contre tous les prévenus (de six mois à trois ans selon le « degré d'implication »). Des peines extrêmement lourdes, justifiées selon le procureur par des faits et gestes clairement visibles sur les enregistrements des caméras de vidéosurveillance du centre de rétention administrative (CRA) au moment de son incendie le 22 juin 2008.

Dénonçant une « réquisition politique », les avocats de la défense continuent de répéter, comme il le font depuis le début du procès, qu'ils n'existent aucune preuve contre leurs clients. « Il n'y a aucun élément à charge, s'indigne l'avocate Mylène Stambouli. Les images (de la vidéosurveillance, NDLR) ne montrent rien, les policiers disent qu'ils n'ont rien vu. Nous en sommes exactement au même point qu'au début de l'instruction. On veut réprimer pour l'exemple, pour casser toute volonté de révolte. »

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mercredi 3 février 2010

Au procès de l'incendie de Vincennes, la justice part en fumée

« On ne peut pas participer à un tribunal qui viole ouvertement la loi ». Les mots sont de l'avocate Irène Terrel et visent directement la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris qui continuait de siéger, hier, sans prévenus ni défense. Depuis mercredi dernier, dix incendiaires présumés du centre de rétention de Vincennes sont jugés au tribunal de grande instance de Paris. Mais selon les avocats de la défense, depuis lundi, ce tribunal siège en toute illégalité. « Mercredi à 20 heures, la présidente a annoncé, sans jugement, qu'elle nous imposait trois semaines supplémentaires d'audience, poursuit Irène Terrel. C'est contraire au code de procédure pénal ».

Lors d'une conférence de presse organisée hier au siège de la Ligue des droits de l'homme, les avocats de la défense ont énuméré la longue liste des manquements dans ce procès. « C'est un cas d'école, résume l'avocat Henri Braun. Toutes les règles d'un procès équitable ont été bafouées ». Et de dénoncer, entre autre, des détentions provisoires « qui ne reposent sur rien » et une « instruction entièrement à charge » dans laquelle toutes les demandes de la défense ont été rejetées.

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mardi 2 février 2010

Procès de CRA de Vincennes : les avocats claquent la porte

Coup de théâtre hier au procès de l'incendie du centre de rétention de Vincennes : cinq minutes après le début des débats, les avocats de la défense ont claqué la porte. Depuis mercredi dernier, dix sans papiers sont jugés au tribunal correctionnel de Paris pour leur implication présumée dans l'incendie du centre le 22 juin 2008.

Après trois premières journées très agitées et émaillés d'incidents, les avocats ont demandé à la présidente de la 16e chambre correctionnelle, Nathalie Dutartre, de reporter le procès, protestant contre la décision de tenir trois semaines supplémentaires d'audience à partir de ce lundi. Le procès était prévu pour durer trois demi-journées, mais le tribunal a décidé de le prolonger afin de pouvoir visionner des enregistrements vidéo de l'incendie, comme l'avait d'ailleurs demandé la défense.

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mardi 26 janvier 2010

Procès de Vincennes, la défense demande la récusation

Le procès des dix sans-papiers accusés d’avoir incendié le centre de rétention de Vincennes est chaque jour plus chaotique. Lundi, la défense avait demandé le renvoi de l’affaire, arguant de la partialité d’une présidente qui avait déjà siégé dans une affaire impliquant l’un des mis en examen (Moïse Diakité, lire son portrait ici).

Face au refus du tribunal, la défense a déposé une requête en récusation auprès du premier président de la cour d’appel. Dans l’attente de sa décision, l’audience doit reprendre aujourd’hui. « Quoiqu’il en soit le procès ne peut pas se tenir, indique l’avocate Irène Terrel. Déjà en trois après-midi, c’était impossible, mais en une… »

A la sortie de l'audience, qui n'a duré que quelques minutes, une centaine de manifestants qui scandaient "liberté avec ou sans papiers" ont violemment été poussés dehors.

Lire aussi :
Au procès de l'incendie de Vincennes, la justice part en fumée
Procès du CRA de Vincennes : les avocats claquent la porte
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Incendie de Vincennes : un an de mystères et de scandales
Le chemin de croix de Moïse


lundi 25 janvier 2010

Début chaotique du procès de l'incendie de Vincennes

Le procès de dix sans-papiers soupçonnés d’avoir participé à l’incendie du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes le 22 juin 2008 s’est ouvert aujourd'hui à Paris. Cet incendie avait été provoqué par la mort inexpliquée d’un Tunisien retenu dans ce qui était alors le plus grand CRA de France. Plusieurs incidents ont émaillé le début de ce procès qui doit durer jusqu’à mercredi. L’un des suspects a été arrêté alors qu’il se rendait à l’audience, il a été placé brièvement en garde à vue pour séjour irrégulier, avant d’être reconduit au tribunal. A l’ouverture des débats, la défense a soulevé plusieurs points de procédure et demandé le renvoi du procès. Le juge devrait rendre sa décision demain.

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lundi 11 janvier 2010

Afghans : expulsion suspendue à Roissy

Les trois Afghans qui devaient être renvoyés ce matin vers la Grèce, n’auront finalement pas été expulsés, ayant refusé d’embarquer à bord de l’avion pour Athènes. Sous le coup de la procédure Dublin II, ils devaient être réadmis dans ce premier pays traversé de l’Union européenne. Comme leurs sept compatriotes également retenus au centre de Vincennes dans l’attente de leur expulsion, ils comparaissaient aujourd'hui devant la cour d’appel du juge des libertés. A l’heure actuelle, le juge a rendu son ordonnance pour trois d’entre eux, décidant de les libérer pour procédures irrégulières, puisque tous ont été arrêtés lors d'une convocation piège en préfecture.

L’appel du prix Goncourt Atiq Rahimi pour les Afghans de Paris

«Il y a certainement eu une époque où on appelait un immigré un homme. Même s’il était sans papier.» Ému du sort fait à ses compatriotes afghans dormant dans les rues de la capitale, le prix Goncourt 2008 a saisi sa plume pour lancer un vibrant appel aux autorités.

Rassemblement dimanche soir pour les Afgans de ParisChaque soir, dans la neige et le froid, 150 à 200 migrants, afghans pour la plupart, dorment sur les bords du canal Saint-Martin. Devant les eaux prises par la glace, ils n’ont souvent qu’un maigre feu pour se réchauffer. Certains sont mineurs, d’autres demandeurs d’asile. «Ils sont jeunes, certains ont à peine quinze ans, aucun plus de trente, écrit Atiq Rahimi. La France, c’est-à-dire nous, les poursuit comme des criminels. Menottes, avion : c’est aux barbus qu’on les remet puisque les intégristes sont les seuls à leur ouvrir les bras.» Lancé jeudi sur internet, son appel a déjà recueilli plus de 500 signatures, dont celle de Marjane Satrapi, Carole Bouquet, Charlotte Rampling, Patrice Chéreau ou encore Charlotte Gainsbourg. Hier, en fin d’après-midi, des centaines de personnes se sont réunis sous un pont du canal Saint-Martin pour lancer un appel à la mobilisation.

La déclaration d'Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2008, dimanche soir :




Celle d'Augustin Legrand, porte-parole des Enfants de Don Quichotte :




Enfin, la prise de parole de Didier Cussernes, d'Emmaüs :

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