Laissez-passer

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jeudi 21 avril 2011

« On venait chercher le rêve européen : du travail et la liberté »

Une centaine de Tunisiens sont toujours bloqués dans la ville frontalière de Vintimille (Italie), devenue le symbole d'une Europe barricadée. Rencontre avec ces hommes désenchantés.

A la sortie de la gare de Vintimille, quelques dizaines de jeunes hommes bavardent sous le soleil. Des sourires doux, des yeux bruns pétillants et une patience infinie avec les nombreux journalistes qui se pressent sur la riviera italienne pour les voir. Les voici donc ces Tunisiens qui font frémir l’Europe ! Ceux dont Nicolas Sarkozy a dit qu’ils allaient déferler en « flux migratoires incontrôlables » ; ceux que Marine Le Pen et Chantal Brunel voulaient remettre dans des bateaux ; ceux que l’Italie et la France se renvoient avec cynisme comme de vulgaires balles de ping-pong. Les pires rumeurs ont circulé sur eux. On les a dits contre-révolutionnaires fuyant la démocratie naissante ou prisonniers de droit commun échappés des geôles tunisiennes.

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mercredi 20 avril 2011

Embrouillamini à Vintimille

La situation était confuse, hier, à la frontière entre la France et l’Italie. Entre policiers désabusés et migrants mal informés et inquiets, reportage des deux cotés de la frontière.

Passeront ? Passeront pas ? Dans le train entre Vintimille et Nice, hier, les Tunisiens qui tentaient de franchir la frontière franco-italienne ne savaient plus à quel saint se vouer tant la confusion était grande. Debout entre deux compartiments, Aymed, 26 ans, tripote avec angoisse son billet de train. Dans son autre main, il tient son permis de séjour temporaire délivré par les autorités italiennes, sésame pour l’espace Schengen qui a suscité la colère de la France. A bord du train, nul ne sait comment la police hexagonale réagira à ce document. « Et c’est quoi cette histoire de 60 euros ? Interroge Aymed, anxieux. Il parait qu’il faut qu’on montre de l’argent à la police. »

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mardi 19 avril 2011

A Vintimille, la dignité reste à quai

Le départ était prévu dimanche, à 13h17, à Vintimille (Sud de l’Italie). Le «train de la dignité» qui devait rejoindre Marseille, est resté à quai, bloqué par les autorités françaises.

Organisée par le Collectif Welcome Menton-Vintimille (regroupement d’associations françaises et italiennes de soutien aux réfugiés), cette manifestation ferroviaire devait acheminer en France des Tunisiens, accompagnés de militants français et italiens.

Mais dès midi, tous les trains entre la France et l’Italie ont été annulés sur ordre du préfet des Alpes-Maritimes, en raison « des risques de trouble manifeste à l’ordre public ». Des manifestants italiens et français se sont alors regroupés en cortège, aux côtés de migrants tunisiens, scandant « Liberté, liberté » et « Nous sommes tous des clandestins ! ».

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