Plusieurs centaines de travailleurs sans papiers parisiens ont manifesté hier devant la préfecture de police de Paris pour réclamer, après des mois de lutte, d’être enfin régularisés. En octobre 2009, ils sont plus de 6000 à se lancer dans un grand mouvement de grèves et d’occupations qui durera plus d’un an. Ce combat inédit se soldera, en juin 2010, par un accord historique avec le ministère de l’Immigration, permettant la régularisation des travailleurs sans papiers.
Travailleurs en lutte
lundi 21 novembre 2011
Des travailleurs toujours sans-papiers
Par Marie Barbier le lundi 21 novembre 2011, 08:30
lundi 2 mai 2011
Des «patrons négriers» à la barre
Par Marie Barbier le lundi 2 mai 2011, 15:06
Ce pourrait être un procès historique dans la lutte des travailleurs sans-papiers. Cet après-midi, comparaissent devant le tribunal de grande instance de Paris, les sous-traitants de la SNCF accusés d’avoir exploités durant des années des maîtres-chiens en situation irrégulière.
En octobre 2008, trente-sept maîtres-chiens débutent une lutte collective pour obtenir leur régularisation. Ils révèlent alors des conditions de travail effroyables : sans-papiers, sans contrat de travail, sans repos, sans congés payés, ils travaillent de nuit pour un salaire de 8 euros de l’heure.
mardi 1 février 2011
Les maîtres-chiens de la SNCF contre-attaquent
Par Marie Barbier le mardi 1 février 2011, 08:30
Ils ne comptent pas en rester là. Les trente-huit maîtres-chiens sans papiers de la SNCF qui avaient entamé en octobre 2008 une longue lutte pour obtenir leur régularisation, passent à la deuxième phase de leur action : les poursuites. Hier, ils étaient rassemblés, avec leurs soutiens, devant le conseil des Prud'hommes de Paris où onze sociétés devaient répondre, entre autre, de travail dissimulé. « Des sommes considérables » sont en jeu affirme l'avocat des maîtres-chiens, Xavier Robin, qui regrette un report de l'affaire à une date ultérieure.
samedi 29 janvier 2011
Le musée secret de Simbala
Par Marie Barbier le samedi 29 janvier 2011, 13:53
Depuis le 12 octobre 2009, Simbala Gandega, Malien de 28 ans, est en grève pour obtenir ses papiers. Il a occupé son entreprise, puis l'opéra Bastille et enfin, depuis octobre 2010, la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, Porte Dorée à Paris. Hier, les travailleurs sans-papiers ont trouvé porte close et une rangée de képis pour les empêcher de rentrer dans le musée. Mais pendant quatre mois, ils ont vécu dans ce bâtiment qui fut construit en 1931 pour l'exposition coloniale. Tout un symbole de réappropriation.
Pour accéder aux collections permanentes, les grévistes
bénéficient de laissez-passer gratuits. Sambala a visité le musée une fois.
Chaque passage de cette collection le renvoie à un moment de sa vie : le
départ "en aventure", le très long voyage jusqu'en Europe, l'arrivée, la lutte.
Comme un miroir. Pour nous, Sambala se fait guide de musée, le temps d'une
après-midi.
Ecouter la visite (5') :
vendredi 19 novembre 2010
Attente à la cité de l'Immigration
Par Marie Barbier le vendredi 19 novembre 2010, 08:30
Patience et longueur de
temps... Depuis un mois et demi maintenant qu’ils occupent la Cité nationale de
l’Immigration, sise porte Dorée à Paris, les travailleurs sans papiers en grève
n’ont perdu ni force, ni rage. Mais commencent sérieusement à
s’impatienter...
« Le rythme est totalement insuffisant » dénonce Francine Blanche, secrétaire confédérale CGT chargée du dossier. Sur 2000 demandes de régularisation déposées dans les préfectures, seules 500 ont reçu un récépissé. Premier pas vers la régularisation, ce papier autorise le séjour sur le sol français pendant trois mois renouvelables avec permission de travailler. D’autres dossiers sont encore en train d’être constitués à la cité de l’Immigration (1000 seraient en attente d’après la CGT), mais les préfectures ne suivent pas le rythme.
vendredi 15 octobre 2010
Les sans-papiers de la Porte des Lilas lèvent le camp
Par Marie Barbier le vendredi 15 octobre 2010, 08:30
Il a fallu une heure aux hommes de la propreté de Paris pour vider les lieux et peu avant dix heures, hier matin, il ne restait plus rien du piquet de grève historique des travailleurs sans papiers de la porte des Lilas, à Paris.
mercredi 11 août 2010
Les dossiers de la Seni en préfecture
Par Marie Barbier le mercredi 11 août 2010, 17:06
Les travailleurs sans papiers de l’entreprise de nettoyage Seni, au Kremlin-Bicêtre ont déposé cet après-midi leurs dossiers de demande de titre de séjour à la direction départementale de l’emploi du Val-de-Marne. Fin juillet, ils avaient levé leur piquet de grève après l'assurance d'obtenir des certificats d'embauche de la direction. Deux de leurs dirigeants ont été renvoyés en justice, au début du mois, pour emploi d’étrangers sans titre de travail, travail dissimulé et exploitation de vulnérabilité. Ils ont plaidé coupables et devraient être jugés en septembre à Créteil.
Lire aussi :
Grève au Kremlin
Patrons en prison, salariés licenciés
Les sans-papiers parisiens sans ministère
Par Marie Barbier le mercredi 11 août 2010, 08:30
«Ceux qui sont convoqués cette semaine passent en premier !» crie un homme à la cantonade. Depuis le début de la semaine, le square Henri Christiné, sise au milieu de la place de la République à Paris se transforme, chaque après-midi, en bureau pour le moins précaire du Collectif des sans-papiers de Paris (CSP 75). Entre 14 heures et 17 heures, les pelouses se couvrent de documents : relevés de compte, déclaration d’impôts et autres papiers indispensables pour une demande de titre de séjour.
Samedi dernier, à 8h30, les quelques 3000 sans-papiers qui occupaient depuis un an les locaux de la Caisse primaire d’assurance maladie, rebaptisés « Ministère de la régularisation de tous les sans papiers », rue Baudelique (Paris, 18e), ont évacué les lieux dans le calme. La préfecture de police de Paris leur avait laissé jusqu’à 10 heures pour partir volontairement, suite à une décision de justice qui ordonnait l’évacuation de ces locaux promis à une «phase de restructuration complète» : création d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées, d’un centre de rééducation, d’une crèche et de logements sociaux.
mardi 29 juin 2010
Ils restent ici !
Par Marie Barbier le mardi 29 juin 2010, 08:30
Ne restent plus que
les « queues de comète », comme les appelle joliment Francine Blanche.
« Samedi matin, nous avons appelé officiellement à la levée des piquets de
grève, précise la secrétaire confédérale CGT. Sauf pour quelques-uns, qui
attendent des réponses plus précises ». Parmi eux, celui du Kremlin-Bicêtre
(Val-de-Marne), où quatre-vingt sans-papiers licenciés bloquaient encore hier
matin leur entreprise de nettoyage.
Les autres sont rentrés chez eux, enfin. Après huit mois de grève, d’occupations, dans la pluie, la neige et le vent et d’évacuations musclées à coup de gaz lacrymogène, les 6700 grévistes ont réussi à faire reculer le gouvernement. Le 18 juin 2010 restera comme un tournant dans la lutte des travailleurs sans papiers : en concédant des « ajustements » pour leur régularisation, le ministère de l’Immigration a enfin reconnu leur droit à rester en France.
6769 dossiers doivent être déposés
Vient désormais le temps de « l’atterrissage », explique Francine Blanche.
Et celui de l’organisation. 6700 dossiers doivent être remplis et déposés en
quelques jours. Au ministère de l’Immigration aussi on se prépare :
responsables de préfectures et de directions départementales du travail étaient
reçus hier et aujourd’hui. Dès le dépôt de leur dossier, les grévistes
recevront une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de
travailler. En attendant, les listes des noms des grévistes ont été
communiquées aux ministères, qui ont reconnu leur « vocation à rester en
France ». Tout un symbole.
lundi 28 juin 2010
La CGT et les sans-papiers : un mariage d’amour et de raison
Par Marie Barbier le lundi 28 juin 2010, 08:30
ENQUÊTE. C’est l’histoire d’une rencontre. Une rencontre entre des travailleurs sans droits et le premier syndicat de France. Après trois ans de lutte, cette union vient de porter ses fruits : le ministre de l’Immigration a été contraint de faire marche arrière, concédant des « ajustements » dans sa circulaire sur la régularisation par le travail. Retour sur une histoire qui finit bien, une fois n’est pas coutume.

Il faut remonter à septembre 2006 pour trouver les prémices de cette histoire. Des sans-papiers viennent trouver Raymond Chauveau de l’Union locale CGT de Massy (Essonne). « Des travailleurs venaient chercher un syndicat, normalement c’est plutôt l’inverse, se souvient Franck, de la CGT du Val-de-Marne, qui a participé à ces premières luttes. Nous avons lancé la grève à Modelux. Ensuite, il y a eu Metalcouleur à Bonneuil, puis Buffalo qui a été médiatisé. En 2008, c’est devenu un mouvement de masse. C’est là, surtout, qu’on a découvert leur détermination et leur courage exceptionnels. On a pris une grande leçon d’humilité. »
lundi 21 juin 2010
Pas de levée des piquets pour les grévistes
Par Marie Barbier le lundi 21 juin 2010, 16:01
L’ensemble des travailleurs sans papiers en grève depuis le 12 octobre 2009, réunis à la CGT dimanche soir, ont décidé de prolonger leur mouvement. Vendredi, le ministère de l’Immigration a apporté des «ajustements» pour la régularisation par le travail, mais maintient le temps de présence en France obligatoire de cinq ans. constatant des « avancées », les grévistes ont levé le piquet de grève de la bastille, mais maintiennent la vingtaine de piquets restant en Ile-de-France.
« Il y a des avancées notoires, explique Modibo traoré, porte-parole des grévistes. Nous notons chez les autorités une réelle volonté d’aller de l’avant. Mais la satisfaction n’est pas totale. Il est hors de question qu’on lève les piquets tant que ce texte n’est pas appliqué. Nous pensons que le bout du tunnel est pour bientôt, nous espérons mettre fin rapidement à cette situation intenable et inacceptable ».
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Grève au Kremlin
A Bastille, le « début de la libération »
Par Marie Barbier le lundi 21 juin 2010, 08:30
samedi 12 juin 2010
La gauche à Sarkozy : « Régularisez ! »
Par Marie Barbier le samedi 12 juin 2010, 08:30
Une telle unité à gauche n’avait pas été vue depuis longtemps : les onze partis de gauche, de Lutte ouvrière au Parti socialiste, ont adressé jeudi une lettre commune à Nicolas Sarkozy, lui demandant de trouver une « issue positive » au conflit des travailleurs sans papiers. « Nous tenons à vous faire part de notre soutien aux 6 000 travailleuses et travailleurs sans papiers en grève depuis le 12 octobre 2009 », écrivent-ils. « Leur régularisation est une nécessité, au nom de la dignité de ces travailleurs sans droit, exploités, alors qu’ils paient des impôts, cotisent à toutes les caisses de solidarité mais risquent quotidiennement l’expulsion ».
Depuis huit mois, les travailleurs sans papiers multiplient les piquets de grève dans toute l’Ile-de-France pour exiger des critères clairs de régularisation. Ils sont plusieurs centaines installés sur la place de la Bastille, à Paris, depuis le 27 mai. Une occupation qui a certainement permis la réouverture des négociations : une réunion s’est tenue hier entre les syndicats et les ministères du Travail et de l’Immigration. L’issue de cette réunion n’était pas connue à l’heure où nous écrivions ces lignes. Les leaders de gauche estiment « plus qu’urgent » que ces négociations permettent « d’intégrer dans la nouvelle définition des critères de régularisation ». « Ce conflit du travail doit enfin trouver une issue positive », ajoutent-ils.
Outre la gauche dans son ensemble, le mouvement des travailleurs sans papiers bénéficie du soutien du monde culturel et artistique. Pour la deuxième semaine consécutive, tous ces soutiens devraient s’afficher ce dimanche à 15 heures sur les marches de l’opéra Bastille pour une photo de famille.
vendredi 4 juin 2010
Sur un air d'opéra...
Par Marie Barbier le vendredi 4 juin 2010, 08:30
Des marches jonchées de couvertures, sacs de couchage et cartons. Ici des fraises écrasées ; là, des dizaines de croissants piétinés. Voilà tout ce qu’il restait hier, à 8 heures, du piquet de grève des travailleurs sans papiers place de la Bastille. Peu après sept heures du matin, gendarmes et policiers sont intervenus pour évacuer les grévistes, qui occupaient depuis une semaine les marches de l’opéra national de Paris pour réclamer des critères clairs de régularisation. D’après la préfecture, 160 sans-papiers ont été évacués, les soutiens présents évoquent entre 250 et 300 grévistes.
Quarante-trois personnes, grévistes et soutiens ont été interpellés. Hier, à l’heure où nous écrivions ces lignes, cinq restaient en garde-à-vue. Par ailleurs six personnes, blessées lors de l’intervention, ont été hospitalisées. La préfecture de police de Paris précise que deux gendarmes et un policier ont aussi été blessés. Et d’ajouter que l’opération s’est «bien passée» avec un usage de gaz lacrymogène après l’évacuation quand «les sans-papiers sont revenus à la charge». Une version à l’opposé des témoignages que nous avons pu recueillir.
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