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Travailleurs en lutte

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mercredi 11 août 2010

Les dossiers de la Seni en préfecture

Les travailleurs sans papiers de l’entreprise de nettoyage Seni, au Kremlin-Bicêtre ont déposé cet après-midi leurs dossiers de demande de titre de séjour à la direction départementale de l’emploi du Val-de-Marne. Fin juillet, ils avaient levé leur piquet de grève après l'assurance d'obtenir des certificats d'embauche de la direction. Deux de leurs dirigeants ont été renvoyés en justice, au début du mois, pour emploi d’étrangers sans titre de travail, travail dissimulé et exploitation de vulnérabilité. Ils ont plaidé coupables et devraient être jugés en septembre à Créteil.

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Constitution des dossiers, place de la République @Marie Barbier

Preuves de présence...@Marie Barbier

«Ceux qui sont convoqués cette semaine passent en premier !» crie un homme à la cantonade. Depuis le début de la semaine, le square Henri Christiné, sise au milieu de la place de la République à Paris se transforme, chaque après-midi, en bureau pour le moins précaire du Collectif des sans-papiers de Paris (CSP 75). Entre 14 heures et 17 heures, les pelouses se couvrent de documents : relevés de compte, déclaration d’impôts et autres papiers indispensables pour une demande de titre de séjour.

Samedi dernier, à 8h30, les quelques 3000 sans-papiers qui occupaient depuis un an les locaux de la Caisse primaire d’assurance maladie, rebaptisés « Ministère de la régularisation de tous les sans papiers », rue Baudelique (Paris, 18e), ont évacué les lieux dans le calme. La préfecture de police de Paris leur avait laissé jusqu’à 10 heures pour partir volontairement, suite à une décision de justice qui ordonnait l’évacuation de ces locaux promis à une «phase de restructuration complète» : création d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées, d’un centre de rééducation, d’une crèche et de logements sociaux.

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mardi 29 juin 2010

Ils restent ici !

Dessin de Tardi pour les travailleurs sans papiersNe restent plus que les « queues de comète », comme les appelle joliment Francine Blanche. « Samedi matin, nous avons appelé officiellement à la levée des piquets de grève, précise la secrétaire confédérale CGT. Sauf pour quelques-uns, qui attendent des réponses plus précises ». Parmi eux, celui du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), où quatre-vingt sans-papiers licenciés bloquaient encore hier matin leur entreprise de nettoyage.

Les autres sont rentrés chez eux, enfin. Après huit mois de grève, d’occupations, dans la pluie, la neige et le vent et d’évacuations musclées à coup de gaz lacrymogène, les 6700 grévistes ont réussi à faire reculer le gouvernement. Le 18 juin 2010 restera comme un tournant dans la lutte des travailleurs sans papiers : en concédant des « ajustements » pour leur régularisation, le ministère de l’Immigration a enfin reconnu leur droit à rester en France.

6769 dossiers doivent être déposés
Vient désormais le temps de « l’atterrissage », explique Francine Blanche. Et celui de l’organisation. 6700 dossiers doivent être remplis et déposés en quelques jours. Au ministère de l’Immigration aussi on se prépare : responsables de préfectures et de directions départementales du travail étaient reçus hier et aujourd’hui. Dès le dépôt de leur dossier, les grévistes recevront une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler. En attendant, les listes des noms des grévistes ont été communiquées aux ministères, qui ont reconnu leur « vocation à rester en France ». Tout un symbole.

Manifestation contre l'immigration jetable, Paris, novembre 2009 ©Marie Barbier

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lundi 28 juin 2010

La CGT et les sans-papiers : un mariage d’amour et de raison

ENQUÊTE. C’est l’histoire d’une rencontre. Une rencontre entre des travailleurs sans droits et le premier syndicat de France. Après trois ans de lutte, cette union vient de porter ses fruits : le ministre de l’Immigration a été contraint de faire marche arrière, concédant des « ajustements » dans sa circulaire sur la régularisation par le travail. Retour sur une histoire qui finit bien, une fois n’est pas coutume.

Rassemblement en solidarité avec les grévistes du Côte d'Azur, juin 2009

Il faut remonter à septembre 2006 pour trouver les prémices de cette histoire. Des sans-papiers viennent trouver Raymond Chauveau de l’Union locale CGT de Massy (Essonne). « Des travailleurs venaient chercher un syndicat, normalement c’est plutôt l’inverse, se souvient Franck, de la CGT du Val-de-Marne, qui a participé à ces premières luttes. Nous avons lancé la grève à Modelux. Ensuite, il y a eu Metalcouleur à Bonneuil, puis Buffalo qui a été médiatisé. En 2008, c’est devenu un mouvement de masse. C’est là, surtout, qu’on a découvert leur détermination et leur courage exceptionnels. On a pris une grande leçon d’humilité. »

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lundi 21 juin 2010

Pas de levée des piquets pour les grévistes

L’ensemble des travailleurs sans papiers en grève depuis le 12 octobre 2009, réunis à la CGT dimanche soir, ont décidé de prolonger leur mouvement. Vendredi, le ministère de l’Immigration a apporté des «ajustements» pour la régularisation par le travail, mais maintient le temps de présence en France obligatoire de cinq ans. constatant des « avancées », les grévistes ont levé le piquet de grève de la bastille, mais maintiennent la vingtaine de piquets restant en Ile-de-France.

« Il y a des avancées notoires, explique Modibo traoré, porte-parole des grévistes. Nous notons chez les autorités une réelle volonté d’aller de l’avant. Mais la satisfaction n’est pas totale. Il est hors de question qu’on lève les piquets tant que ce texte n’est pas appliqué. Nous pensons que le bout du tunnel est pour bientôt, nous espérons mettre fin rapidement à cette situation intenable et inacceptable ».

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« Nous avons un texte ! » Perché sur le toit d’une camionnette, Raymond Chauveau, de la CGT, brandit des feuilles de papiers. Il est près de 21h30 vendredi, place de la Bastille, les syndicats sortent de six heures de négociations avec les ministères du Travail et de l’Immigration. Devant les marches de l’opéra, les centaines de sans papiers qui campent ici depuis plusieurs semaines exultent. Depuis de longues heures, ils attendaient, les visages tendus, le résultat de cette cinquième rencontre. « Nous avons des critères de régularisation qui s’imposent à toutes les préfectures, quelque soient l’entreprise et le département ! » poursuit le syndicaliste sous les hourras.

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vendredi 18 juin 2010

Grève au Kremlin

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samedi 12 juin 2010

La gauche à Sarkozy : « Régularisez ! »

Une telle unité à gauche n’avait pas été vue depuis longtemps : les onze partis de gauche, de Lutte ouvrière au Parti socialiste, ont adressé jeudi une lettre commune à Nicolas Sarkozy, lui demandant de trouver une « issue positive » au conflit des travailleurs sans papiers. « Nous tenons à vous faire part de notre soutien aux 6 000 travailleuses et travailleurs sans papiers en grève depuis le 12 octobre 2009 », écrivent-ils. « Leur régularisation est une nécessité, au nom de la dignité de ces travailleurs sans droit, exploités, alors qu’ils paient des impôts, cotisent à toutes les caisses de solidarité mais risquent quotidiennement l’expulsion ».

Depuis huit mois, les travailleurs sans papiers multiplient les piquets de grève dans toute l’Ile-de-France pour exiger des critères clairs de régularisation. Ils sont plusieurs centaines installés sur la place de la Bastille, à Paris, depuis le 27 mai. Une occupation qui a certainement permis la réouverture des négociations : une réunion s’est tenue hier entre les syndicats et les ministères du Travail et de l’Immigration. L’issue de cette réunion n’était pas connue à l’heure où nous écrivions ces lignes. Les leaders de gauche estiment « plus qu’urgent » que ces négociations permettent « d’intégrer dans la nouvelle définition des critères de régularisation ». « Ce conflit du travail doit enfin trouver une issue positive », ajoutent-ils.

Outre la gauche dans son ensemble, le mouvement des travailleurs sans papiers bénéficie du soutien du monde culturel et artistique. Pour la deuxième semaine consécutive, tous ces soutiens devraient s’afficher ce dimanche à 15 heures sur les marches de l’opéra Bastille pour une photo de famille.

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vendredi 4 juin 2010

Sur un air d'opéra...

Des marches jonchées de couvertures, sacs de couchage et cartons. Ici des fraises écrasées ; là, des dizaines de croissants piétinés. Voilà tout ce qu’il restait hier, à 8 heures, du piquet de grève des travailleurs sans papiers place de la Bastille. Peu après sept heures du matin, gendarmes et policiers sont intervenus pour évacuer les grévistes, qui occupaient depuis une semaine les marches de l’opéra national de Paris pour réclamer des critères clairs de régularisation. D’après la préfecture, 160 sans-papiers ont été évacués, les soutiens présents évoquent entre 250 et 300 grévistes.

Quarante-trois personnes, grévistes et soutiens ont été interpellés. Hier, à l’heure où nous écrivions ces lignes, cinq restaient en garde-à-vue. Par ailleurs six personnes, blessées lors de l’intervention, ont été hospitalisées. La préfecture de police de Paris précise que deux gendarmes et un policier ont aussi été blessés. Et d’ajouter que l’opération s’est «bien passée» avec un usage de gaz lacrymogène après l’évacuation quand «les sans-papiers sont revenus à la charge». Une version à l’opposé des témoignages que nous avons pu recueillir.

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jeudi 3 juin 2010

Les grévistes de l'opéra Bastille évacués

Ce matin, peu après sept heures, les forces de l'ordre ont procédé à l'évacuation des travailleurs sans papiers qui occupaient les marches de l'opéra Bastille depuis une semaine pour exiger des critères clairs de régularisation. Quarante trois personnes ont été interpellées, trente-sept relâchées à cette heure. Gendarmes et policiers sont intervenus sur réquisition du direction adjoint de l'opéra Bastille.

A l'opéra, la voix des sans papiers porte

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mardi 1 juin 2010

Des papiers bleus pour tous !

L’action se veut symbolique et collective : hier, dernier jour pour la déclaration d’impôts, des salariés sans papiers ont déposé leur déclaration au centre des Finances publiques du 16e arrondissement de Paris. Le choix du lieu n’est pas anodin : ces travailleurs, soutenus par l’association Droits devant!!, le Syndicat National Unifié des Impôts, SUD Travail, Solidaires ou encore Attac, se positionnent «à l’encontre des 16 350 heureux contribuables multimillionnaires qui bénéficient sans vergogne du bouclier fiscal», tandis que eux, « pourchassés, réprimés et surexploités, vont à nouveau faire acte de citoyenneté en participant pleinement à l’impôt volontaire ».

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vendredi 14 mai 2010

Début des négociations pour les travailleurs

Dessin de Tardi pour les travailleurs sans papiersSept mois après le début du nouveau mouvement des travailleurs sans papiers, le gouvernement se décide enfin à ouvrir les négociations. Ce matin, les organisations syndicales mandatées par les onze associations qui soutiennent le mouvement devraient être reçues au ministère de l’Immigration, aux côtés de représentants du ministère et de la Direction générale du travail.

Depuis octobre 2009, 6200 grévistes sans papiers réclament une circulaire de régularisation sans que le gouvernement ne daigne ouvrir le dialogue. En novembre dernier, le ministre de l’Immigration avait diffusé un guide des bonnes pratiques à l’usage des préfets. Mais le texte avait été jugé flou et insuffisant par les organisations. Depuis le rapport de force s’était durci, le gouvernement multipliant les évacuations par la force des piquets de grève, notamment celui de la rue du Regard, pourtant placé sous la protection de centaines de cinéastes.

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mercredi 24 mars 2010

Des grévistes sans papiers évacués

Devant l'agence après l'évacuation ©Jean-Louis Olivier
Les travailleurs sans papiers qui occupaient depuis seize mois l’agence d’interim Ranstad, avenue Daumesnil à Paris, pour exiger leur régularisation ont été évacués par les forces de l’ordre ce matin, après une décision du tribunal de grande instance de Paris. Près de 1500 intérimaires participent au mouvement de grèves et d’occupations lancé le 12 octobre 2009 à l’appel de onze organisations pour exiger une circulaire de régularisation.

Avec les élus Nicolas Bonnet (PCF, à droite) et Alexis Corbière (PG, à gauche) ©Jean-Louis OlivierElus et associations se sont relayés sur le site aujourd'hui pour apporter leur soutien aux grévistes et un rassemblement est prévu ce soir devant l’agence, où un campement provisoire a été installé. D'après plusieurs témoins, les grévistes ont vu leurs effets personnels et les matelas sur lesquels ils dormaient jetés sur le trottoir. Dans un communiqué, l'union syndical de l'intérim CGT dénonce une "décision inacceptable" qui "soulève une immense émotion et indignation".

mercredi 24 février 2010

Un grand écran pour sortir de l'ombre

Devant la tour Axa de la Défense © Rondeau.Lanvin


En trois minutes et trente secondes, On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! dresse le portrait d’une lutte oubliée : celle des 6 000 travailleurs et travailleuses en grève depuis le 12 octobre 2009 pour obtenir une circulaire de régularisation. Le gouvernement et la grande majorité des médias (à l’exception de l’Humanité) ignorent cette lutte pourtant inédite. Un silence à l’origine du projet du Collectif des cinéastes pour les sans-papiers. « L’idée est venue au moment de la galette des rois, raconte Jean-Henri Roger, cinéaste et professeur de cinéma à Paris-VIII. Malgré une présence nombreuse des personnalités sur le piquet de grève de la rue du Regard, nous avons eu douze lignes dans Le Monde et cinq dans Libération… »

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