Ne restent plus que
les « queues de comète », comme les appelle joliment Francine Blanche.
« Samedi matin, nous avons appelé officiellement à la levée des piquets de
grève, précise la secrétaire confédérale CGT. Sauf pour quelques-uns, qui
attendent des réponses plus précises ». Parmi eux, celui du Kremlin-Bicêtre
(Val-de-Marne), où quatre-vingt sans-papiers licenciés bloquaient encore hier
matin leur entreprise de nettoyage.
Les autres sont rentrés chez eux, enfin. Après huit mois de grève,
d’occupations, dans la pluie, la neige et le vent et d’évacuations musclées à
coup de gaz lacrymogène, les 6700 grévistes ont réussi à faire reculer le
gouvernement. Le 18 juin 2010 restera comme un tournant dans la lutte des
travailleurs sans papiers : en concédant des « ajustements »
pour leur régularisation, le ministère de l’Immigration a enfin reconnu leur
droit à rester en France.
6769 dossiers doivent être déposés
Vient désormais le temps de « l’atterrissage », explique Francine Blanche.
Et celui de l’organisation. 6700 dossiers doivent être remplis et déposés en
quelques jours. Au ministère de l’Immigration aussi on se prépare :
responsables de préfectures et de directions départementales du travail étaient
reçus hier et aujourd’hui. Dès le dépôt de leur dossier, les grévistes
recevront une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de
travailler. En attendant, les listes des noms des grévistes ont été
communiquées aux ministères, qui ont reconnu leur « vocation à rester en
France ». Tout un symbole.
